Casablanca, Maroc : 41 travailleurs temporaires titularisés

En 2004, le syndicat de Coca-Cola Casablanca a signé un accord avec la direction pour la titularisation de tous les travailleurs dans un laps de cinq ans. Mais en 2010, six ans après cette signature, il restait encore 32 travailleurs qui n’ont pas bénéficié d’un contrat permanent malgré leur fidélité à la société - entre 10 et 20 ans de services - et malgré l’incessante demande du syndicat.

Le syndicat a, alors, décidé de faire de la régularisation de ces camarades une des revendications centrales lors d’une campagne pour des négociations collectives. La société refusait catégoriquement de tenir parole. La direction a uniquement proposé de titulariser les ouvriers - dans des sites à des dizaines de kilomètres de Casablanca.

Plus tard, elle a proposé de les titulariser dans les deux années à venir, mais suite à l'expérience de 2004 et à la promesse non tenue, le syndicat ne pouvait pas accepter.

«Alors on s’est mobilisé» raconte Ahmed Laazir, membre du bureau syndical de l'entreprise. «On a fait des protestations devant l'entreprise, les centres de distribution et le siège de Coca-Cola export à Casablanca ainsi qu’une compagne média».

Le refus de la direction de tenir son engagement a aussi été discuté avec les représentants de Coca-Cola à Atlanta par l'UITA.
Les ouvriers titulaires et précaires ont pris part à la mobilisation.

Ahmed Laazir: «Ensuite, la direction a pris l'initiative d'organiser des rencontres avec les ouvriers dans les centres de prévente et de distribution sous l 'égide de l'adjoint du Directeur Général dans le but d’apaiser la tension et calmer la colère concernant les emplois temporaires; mais les ouvriers ont montré leur mécontentement en refusant de prendre le petit-déjeuner avec le directeur, en protestant contre la situation déplorable et l'oppression des responsables envers le mouvement syndical et en dénonçant le refus de répondre à notre dossier de revendication. C'est après cela que la direction a finalement changé le cours de titularisation: au lieu de deux tranches en deux ans elle a décidé de titulariser les employés dans un laps de trois mois, c'est-à-dire durant juin, juillet et août 2011. De plus, 9 salariés non inclus dans le protocole ont bénéficié également d’un contrat permanent. Nous espérons que d’autres suivront.
Nous sommes très satisfaits qu'enfin la direction a pu changer sa position dans cette question importante, et nous restons optimistes et pensons qu’une meilleure coopération est possible dès maintenant.
Il nous reste encore beaucoup à faire. Notre objectif est de stopper le travail précaire et d'arriver à une convention collective réglant un nombre de problèmes pressants. Mais ce succès est un grand pas dans une bonne direction.»

Choose your language:

Login

Fight outsourcing and job destruction!