L’équipe de l’UITA et la direction générale de Coca-Cola discutent précarité de l’emploi et des droits au travail

Le 7 octobre, une équipe de représentants/tes syndicaux/cales dirigée par le secrétaire général de l’UITA, Ron Oswald, a rencontré le directeur mondial des Droits dans le milieu de travail de Coca-Cola, Ed Potter, et son équipe, à Atlanta, afin de discuter des relations de travail à l’échelle mondiale chez Coca-Cola, du cas de certains pays où des abus ont été signalés et notamment de la question de l’emploi précaire.

La question des droits syndicaux au Pakistan a notamment été soulevée. Depuis longtemps, les syndicats protestent contre le refus de la direction de CCBPL de reconnaître le droit à la syndicalisation des travailleurs/euses de SMO et contre le recours excessif à la sous-traitance et à l’emploi précaire (cf les rapports publiés sur le site web iuf.org/coca-cola). L’UITA a de nouveau appelé la société à user de son influence sur CCBPL pour mettre fin au déni des droits syndicaux, aux abus envers les travailleurs/euses précaires et au refus de leur accorder les garanties sociales élémentaires, soulignant que le syndicat de Karachi pourrait autrement être forcé de recourir à des mesures publiques.
Un autre enjeu au Pakistan pourrait trouver une solution partielle – la société s’est enfin engagée à faire des paiements au fonds de participation aux bénéfices, une exigence légale à laquelle la direction locale ne se conformait pas. La société accepterait aussi la mise en place d’un comité paritaire de supervision du Fonds de participation aux bénéfices des travailleurs/euses dans l’avenir. L’un des enjeux importants à cet égard est le refus de la société de fournir les informations permettant de vérifier le montant des paiements faits par la société à ce fonds exigé par la loi.
Les syndicats européens ont soulevé plusieurs questions sur les droits d’information et de consultation des représentants/tes des employés/es en Europe, et sur la possibilité pour ces représentants/tes de s’acquitter de leurs responsabilités de coordination internationale dans des conditions décentes, sans harcèlement, notamment par l’octroi de congés payés pour la participation aux rencontres de coordination de l’EFFAT. Il a été convenu que TCCC porterait cette question à l’attention de la direction de Coca-Cola Europe.
Les représentants/tes syndicaux ont exprimé de fortes préoccupations face à un audit des droits au travail en cours dans les activités du groupe à l’échelle mondiale, une autre activité unilatérale entreprise par TCCC dans cette sphère. Les syndicats ont souligné qu’il ne pouvait y avoir de véritable protection des droits au travail hors d’un processus bilatéral avec de véritables représentants/tes des employés/es, ajoutant que l’UITA n’accepterait pas l’approche unilatérale adoptée par Coca-Cola en matière de normes du milieu de travail.
(Partagez vos expériences sur l’audit des droits au travail dans votre pays sur le Forum ).
Les participants/tes à la rencontre ont également discuté longuement des droits des travailleurs/euses en Colombie, où l’emploi précaire et le soutien accordé par l’employeur au syndicalisme fantoche constituent de graves préoccupations.
Conformément à la décision prise à l’occasion du sommet mondial des travailleurs/euses de Coca-Cola en mai 2008 à Oberjosbach, en Allemagne, l’équipe de l’UITA a soulevé à Atlanta la question de l’emploi précaire dans le contexte général des relations de travail chez Coca-Cola dans le monde. Les résultats préliminaires d’un sondage conduit par l’UITA ont été présentés (voir en anglais, en espagnol, en Japonais, 日本語). La direction a confirmé certains éléments, comme le chiffre de 63 % de travailleurs/euses précaires dans différents établissements en Inde et s’est engagée à réduire ce pourcentage au cours des prochaines années.
La direction a proposé une approche au cas par cas, pays par pays, et encouragé les syndicats à communiquer les informations sur les situations d’abus. Il a été convenu que cette question ferait l’objet de discussions continues dans le cadre du processus d’Atlanta et que ces discussions porteraient dans un premier temps sur l’Inde, le Pakistan et certains autres pays. Les syndicats ont cependant insisté sur la nécessité pour la société d’établir une norme d’entreprise afin de limiter le recours au travail précaire.
(Faites-nous parvenir dès aujourd’hui un rapport sur la situation dans votre pays).
La prochaine rencontre du "processus d’Atlanta" aura lieu en avril 2009.

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