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Résultats du premier semestre 2006 de Nestlé

Nestlé a annoncé des « résultats exceptionnels pour le premier semestre » aux acclamations universelles des analystes financiers, enthousiasmés par une croissance et des marges atteignant et même dépassant leurs prévisions. Pendant que Nestlé prend grand soin de satisfaire la communauté financière et de « produire de la valeur pour les actionnaires », les travailleurs/euses font face à l’incertitude d’un trimestre au suivant, à mesure que les résultats sont publiés et que leur avenir immédiat se dessine.

La société a attribué l’amélioration à un solide rendement dans les secteurs des aliments, des boissons et de la nutrition, qui ont affiché une progression de 6 pour cent. Les ventes ont augmenté de 11 pour cent sur la même période de 2005, passant à CHF 47,1 milliards, alors que le bénéfice net augmentait de 11,4 pour cent à CHF 4,1 milliards. La société souligne que le prix élevé des denrées de base (notamment le café et le sucre) et du combustible – qui avaient lourdement pesé sur le rendement du premier semestre de 2005 – a été tenu en échec par des opérations de couverture réussies ("hedging"); en outre, son incidence sur les résultats a été grandement atténuée par les économies d’échelle découlant de la croissance des volumes et « l’effet positif » des programmes d’efficacité.

Certains changements ont été apportés à la présentation de l’information financière par rapport aux périodes précédentes :

 La nutrition est maintenant gérée comme une unité commerciale autonome et ses résultats sont présentés séparément (comme les Eaux l’ont été) et les catégories de produits ont été modifiées en conséquence : les Eaux ne font plus partie des boissons et la Nutrition n’est plus regroupée avec les produits laitiers et la crème glacée.

 Le rendement des ventes (RIG) pour les trois zones (Amériques, Europe et AOA) sont maintenant présentés avec et sans les chiffres des Eaux, de la Nutrition et des coentreprises, qui dans les années précédentes n’apparaissaient pas dans les chiffres des zones.

 La rentabilité n’est plus indiquée par les marges EBITA, mais par les marges EBIT (le « A » manquant représente l’amortissement du goodwill, lequel, conformément aux normes comptables internationales, n’est plus amorti mas réévalué sur base annuelle).

Extraits du rapport sur le marche des affaires :
La Zone Europe, perpétuel problème, a connu sa croissance interne (RIG) la plus élevée depuis 2002, tandis que la marge d’exploitation diminuait (selon la société, l’environnement concurrentiel a empêché de hausser les prix de manière à compenser le coût élevé des matières premières et du carburant). En outre, les coûts de marketing ont été élevés, notamment en Suisse pour la relance du chocolat Cailler (qui a été une déception), de même que les coûts associés à l’élagage du portefeuille de confiserie au Royaume-Uni après l’échec du lancement d’un certain nombre de produits de mode KitKat l’an dernier. Au cours de la prochaine période, Nestlé a indiqué vouloir se concentrer sur les produits KitKat, Smarties, After Eight, Aero, Quality Street, Milky Bar et Rowntrees, qui représentent 70 pour cent du marché; les autres produits devront être rationalisés.

Nestlé signale que les marges d’exploitation dans les Eaux ont bénéficié de la forte croissance du marché et de l’efficience en Amérique du Nord et en Europe et de la « réorganisation de la production en Europe».

La société a indiqué que le faible rendement du secteur Nutrition en Chine (à la suite de l’effondrement des ventes en 2005, alors que l’indifférence de la société face à la réglementation sur la sécurité des produits a entraîné le retrait du marché d’une marque d’aliments pour nourrissons) avait été compensé par un rendement solide dans d’autres marchés et la généralisation du lancement d’une nouvelle formule infantile.

S’attaquer à la sous-performance
Sous ce titre, Nestlé examine sa politique d’entreprise à l’égard de la réduction des coûts et d’amélioration de l’efficacité dans les activités caractérisées par les désinvestissements, les cessions en coentreprise et les accords de co-emballage et de co-fabrication.

Bien que Nestlé ait sorti les résultats de ses activités européennes dans le secteur des produits laitiers réfrigérés de l’état des résultats, reflétant la décision de céder ces activités à une coentreprise avec le groupe français Lactalis, les plans de la nouvelle coentreprise sont toujours en suspens dans l’attente d’une décision favorable de la Commission européenne de la concurrence. Nestlé et Lactalis prévoyaient au départ lancer la coentreprise le 1er juin. Il semble maintenant peu probable qu’elle voit le jour avant la fin de l’année en cours.

Nestlé a vendu ses activités de distributeurs automatiques au Japon (acquises en 2000) et l’usine de fabrication de bouteilles Perrier. En août, la société a cédé ses activités de lait condensé Vlachas en Grèce à Delta Holdings, qui produira les produits laitiers Nestlé en co-fabrication durant deux ans (en juin, Nestlé a complété l’acquisition de Delta Ice Cream auprès de Delta Holdings).

Sous ce titre, Nestlé a également indiqué que de petits désinvestissements de faible ampleur étaient également en attente dans tous les groupes de produits.

Ce que cela signifie pour les travailleurs/euses de Nestlé
Pendant que Nestlé prend grand soin de satisfaire la communauté financière et de « produire de la valeur pour les actionnaires », les travailleurs/euses font face à l’incertitude d’un trimestre au suivant, à mesure que les résultats sont publiés et que leur avenir immédiat se dessine. Les références fréquentes aux « avantages des programmes d’efficacité » peuvent titiller les analystes financiers, mais pour les travailleurs/euses de Nestlé et leurs syndicats, cela signifie des pertes d’emplois, des réductions d’effectif, des exigences en matière de flexibilité et d’externalisation et sont des signes avant-coureurs de réorganisation continuelle et d’attaques persistantes contre les salaires et les conditions de travail. Il y a un surcroît de programmes d'efficacité : à partir de GLOBE jusqu’à Opération Excellence, qui mettent les travailleurs/euses en compétition entre les régions dans une lutte constante pour atteindre les objectifs, FitNes, le programme parallèle pour le personnel de bureau et les programmes de services partagés pour les finances, la comptabilité et la paie, qui font en sorte que des emplois de Nestlé sont externalisés à des fournisseurs externes. Un nouveau programme vient de s’y ajouter : Global Nestlé Business Services, une extension des programmes actuels d’efficacité des coûts pour les services administratifs et les services des immeubles ("facilities management"), dont l’objectif est le « regroupement » des activités et la désignation de fournisseurs de services à l’échelle nationale et supra-nationale.