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L’OIT condamne le maintien en détention du dirigeant syndical ivoirien Basile Mahan Gahé

11 April 2012 Urgent Action
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Dans le dernier rapport de la Commission d’experts pour l’application des conventions et recommandations de l’OIT, publié en même temps que la session de mars 2012 du Conseil d'administration, l’OIT a demandé au gouvernement de Côte d’Ivoire de libérer le dirigeant syndical Basile Mahan Gahé.

La Commission a qualifié l’enlèvement, la torture et la détention de Basile Gahé de « grave violation du principe de liberté syndicale », ajoutant qu’un «  mouvement syndical véritablement libre et indépendant ne peut exister que si les droits humains fondamentaux sont respectés ». Le rapport note en outre que « les garanties définies par les conventions internationales du travail, en particulier celles qui ont trait à la liberté syndicale, ne peuvent prendre effet que si les droits civiques et politiques inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et dans d’autres dispositifs internationaux, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, sont véritablement reconnus ». La Commission a appelé le gouvernement ivoirien à « préciser les chefs d’inculpation à l’encontre de M. Gahé et à indiquer s’il a été relâché en attendant son procès ».

Basile Mahan Gahé est toujours emprisonné à Boundiali, une ville reculée à quelques 700 kilomètres d’Abidjan, la capitale, en compagnie de criminels de droit commun. A la suite d’une mission de l’OIT en juin 2011, des chefs d’inculpation absurdes ont été portés à son encontre – sédition, actions armées contre l’Etat, etc. – et il a été transféré d’Abidjan à une cellule à Boundiali. Il n’a pas été traduit en justice, il n’a pas droit d’entrer en contact avec sa famille, des collègues, un avocat ou des visiteurs de l’étranger et le gouvernement ne donne aucune suite aux demandes internationales pour sa mise en liberté. L’OIT a maintenant formellement ajouté sa voix à ces protestations internationales.

Les références de l’OIT aux dispositifs fondamentaux relatifs aux droits humains – la Déclaration universelle des droits de l’homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques – doivent rappeler aux sociétés transnationales qui dépendent de l’approvisionnement en cacao produit en Côte d’Ivoire que le recours massif au travail des enfants dans la production de cacao n’est pas la seule violation permanente des droits humains dans ce pays. Les principes directeurs de l’ONU sur les entreprises et les droits de l’homme invitent les sociétés à respecter les droits humains tout au long de leurs chaînes d'approvisionnement et à prendre des mesures correctives si nécessaire. Aucun courtier en cacao ou confiseur ne peut dire qu’il ignore que le gouvernement avec lequel il traite emprisonne arbitrairement et brutalement un dirigeant syndical. Que feront-ils face à cette situation ?

Amnesty International estime que Basile Gahé est un prisonnier qui risque d’être soumis à la torture.

Agissez maintenant! - Cliquez ici pour faire parvenir un message au président Ouattara (avec des copies aux ambassades ivoiriennes en France et en Belgique) demandant la libération immédiate et inconditionnelle de Basile Mahan Gahé.

Nous vous invitons également à envoyer des copies de votre message à la représentation diplomatique de la Côte d’Ivoire dans votre pays (ici) ainsi qu’aux ministères de l’Intérieur et de la Justice de la Côte d’Ivoire.

Ministre de l’Intérieur
Hamed Bakayoko
Ministère de l’Intérieur
Abidjan
Côte d’Ivoire
Fax: +225 20 32 32 27

Ministre de la Justice
Me Jeannot Kouadio Ahoussou
Ministère de la Justice
Abidjan
Côte d’Ivoire
Fax: +225 20 21 85 10