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Les syndicats de Nestlé en Inde obtiennent la reconnaissance et le droit de négocier les salaires

22 January 2010 News
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Lors d'une importante victoire obtenue dans les dernières semaines de 2009, les syndicats représentant plus de 1 200 travailleurs/euses des usines de Nestlé à Moga, Ponda et Bicholim ont signé des conventions collectives sur les salaires et les avantages sociaux pour la toute première fois – marquant ainsi un succès majeur dans la lutte qu’ils menaient depuis plus d’un an afin d’obtenir le droit de négocier les salaires. Les conventions contiennent des échelles salariales et des informations sur les salaires, des renseignements précédemment déclarés "secrets" par la direction.

Ce succès est d’autant plus remarquable que la direction de Nestlé en Inde avait refusé de reconnaître le syndicat de Nestle Ponda, Goa, lors de sa formation en 2001, entraînant des débats juridiques que la direction a délibérément fait traîner en longueur durant huit ans, obtenant pas moins de 54 ajournements.

En novembre 2008, les syndicats locaux, qui sont membres de la Fédération des travailleurs/euses de Nestlé en Inde, affiliée à l’UITA, ont demandé la fin du système de hausses de salaires annuelles unilatérales et exigé le droit de négocier les salaires. La direction de Nestlé India a refusé de négocier et obtenu des injonctions permanentes interdisant toutes formes d’action syndicale à moins de 50 mètres de quatre usines (Moga, Samalkha, Ponda et Bicholim), niant à toutes fins utiles le droit d’assemblée des travailleurs/euses de Nestlé en Inde [plus d’informations ici].

Ceci a conduit à une escalade de la campagne, avec des manifestations hebdomadaires lancées le 16 avril 2009 et culminant avec une grande manifestation devant le siège de Nestlé India à Gurgaon, près de Delhi, le 25 mai 2009. L’UITA a appuyé la campagne et déposé en mai 2009 une plainte formelle contre Nestlé pour infractions aux Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des sociétés multinationales [cliquer ici pour plus d’informations sur ces manifestations].

En plus des manifestations hebdomadaires devant chacune des quatre usines et de la marche devant le siège de Nestlé India, les syndiqués/es de Ponda et de Bicholim ont boycotté toutes les activités organisées par la société et refusé de faire des heures supplémentaires pendant plus de six mois – un sacrifice énorme dans une période où l’inflation réduisait déjà leurs salaires.

Confrontée à ces pressions constantes à l’échelle locale, nationale et internationale, la direction de Nestlé India a finalement accepté d’entreprendre des négociations salariales pour la première fois de son histoire en septembre. Les négociations se sont conclues en décembre, dans une étape importante vers une véritable reconnaissance syndicale et un véritable respect des droits syndicaux après des décennies de violations des droits.

Un quatrième syndicat de Nestlé India obtient la reconnaissance et fait des gains en négociations

Le 5 janvier, le syndicat de Nestlé Pantnagar, l’usine la plus récente (2006) et la plus vaste du pays, a signé une première convention collective sur les salaires et les avantages sociaux, rejoignant ainsi les trois autres syndicats membres de la Fédération des travailleurs/euses de Nestlé en Inde en obtenant le droit de négocier les conditions d’emploi.

Ce fut une longue et difficile lutte pour les droits fondamentaux depuis la formation en mars 2009 du Nestle Mazdoor Sangh (Syndicat des travailleurs/euses de Nestlé) dans un climat profondément antisyndical. Les travailleurs/euses ont dû effectuer de grandes manifestations afin de contrer les licenciements, les reclassifications de postes et l’interférence de la direction, qui tentait de bloquer l’enregistrement du syndicat. En mai 2009, la direction a suspendu trois dirigeants syndicaux quelques jours à peine après avoir signé un accord tripartite qui mettait fin à une grève de quatre jours sur les droits syndicaux et les congédiements injustes [cliquer ici pour le contexte]. L’enregistrement légal n’a pu être obtenu qu’en septembre.

Dans le cadre du règlement final, Nestlé a levé la suspension d’un membre fondateur du syndicat, qui a maintenant repris le travail.