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En Nouvelle-Zélande, une nouvelle loi prévoit un congé payé pour les victimes de violences domestiques

24 August 2018 News
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Une nouvelle loi adoptée par le parlement néo-zélandais accorde 10 jours de congés payés aux victimes de violences domestiques pour leur permettre de se mettre en sécurité. Cette loi, qui entrera en vigueur en avril 2019, dispose que les victimes ne seront pas tenues de fournir une preuve des violences et auront accès à des modalités de travail flexibles pour faciliter leur sécurité.

La loi reconnaît que la violence conjugale peut avoir des conséquences sur le lieu de travail, faisant écho aux discussions qui ont eu lieu cette année à la Conférence internationale du travail (CIT), où la Commission normative a décidé que la lutte contre le harcèlement et la violence nécessitait une convention assortie d’une recommandation. Cette nouvelle loi met en lumière l’urgence à prendre des mesures relatives aux conséquences de la violence domestique sur le monde du travail lors des débats de la prochaine CIT, où la participation des syndicats sera essentielle.

Les affiliées néo-zélandaises de l’UITA ont salué l’adoption de cette loi, qui constitue pour elles une avancée significative. « L’an dernier, nous avons négocié un congé pour violence domestique pour nos membres au casino SkyCity, mais pour l’étendre à toutes nos conventions collectives, il nous aurait fallu des années de négociations. Qu’il soit inscrit dans la législation comme un des droits fondamentaux du travail permettra à tous-tes les employé-e-s confronté-e-s à la violence domestique d’avoir immédiatement accès à un soutien, et contribuera à éliminer le tabou de demander et de recevoir de l’aide dans une telle situation », commente le syndicat Unite Union.

Le syndicat First Union a déclaré que bien qu’il ait négocié des clauses sur la violence domestique dans plusieurs de leurs conventions collectives, « cette nouvelle loi nous permettra de négocier ces clauses plus facilement. Nous nous réjouissons qu’elle ait été votée, tant pour nos membres qui ont été victimes de violence domestique, qu’en tant qu’organisation luttant pour l’inclusion de telles clauses dans les contrats de travail. Les employeurs se doivent de protéger leurs employé-e-s, et cette loi est une protection supplémentaire pour les Néo-Zélandais. »

« Nous sommes tous-tes concerné-e-s par la violence domestique. Cette nouvelle loi offre une issue aux victimes qui sont souvent confrontées à des contraintes financières lorsqu’elles tentent de quitter une relation abusive », a déclaré le syndicat Meat Workers Union.

Le taux de violence domestique en Nouvelle-Zélande figure parmi les plus élevés des pays développés.