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Alors que le Cameroun s’enfonce dans la violence, les syndicats appellent à la paix, à la solidarité et à la protection des moyens de subsistance

24 August 2018 News
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Les affiliées de l’UITA en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale ont affirmé leur détermination à défendre les moyens de subsistance des travailleurs-euses et de travailler de concert à la résolution pacifique de la crise qui s’aggrave au Cameroun.

Depuis fin 2016, la nation bilingue (anglais-français) d’Afrique de l’Ouest est tombée dans une spirale de violence, de violations des droits humains et de destruction économique. Des grèves, des protestations et des manifestations organisées dans la partie anglophone — dans l’ouest du pays — contre la marginalisation progressive de la minorité anglophone ont été violemment réprimées par les forces de sécurité (et sont documentées par Amnesty International dans ce rapport de 2017). La brutalité de l’État a en retour donné naissance à un mouvement armé séparatiste.

Les employé-e-s du secteur privé de la banane et des diverses opérations (bananes, huile de palme, thé, etc.) de la société d’État Cameroon Development Corporation (CDC), présents dans les deux aires linguistiques, subissent des pertes d’emplois massives et vivent sous la menace d’une détérioration de la situation, les champs et les infrastructures étant la cible de destructions. Les travailleurs-euses qui perdent leur emploi à cause des violences ne reçoivent aucune indemnité. La crise politique, qui a mué en crise des droits humains avec l’escalade de la violence, se transforme en une grave crise de la sécurité alimentaire et de l’emploi.

En mai, les syndicats comptant des membres à la CDC — dont FAKO, affiliée de l’UITA — ont, conjointement avec la direction de la CDC, appelé le gouvernement à prendre des mesures d’urgence pour assurer la paix et la protection des moyens de subsistance. Ils n’ont pas reçu de réponse du gouvernement.

En juin, le réseau de l’UITA des syndicats des travailleurs-euses africain-e-s du secteur de la banane a également exhorté le gouvernement à agir, mais n’a pas non plus obtenu de réponse. En juillet, les syndicats réunis à Abidjan, en Côte d’Ivoire, pour l’atelier régional annuel du réseau, ont affirmé une nouvelle fois leur solidarité et réitéré l’urgente nécessité de mettre en place des mesures pour rétablir la paix et renouer un dialogue national, et souligné l’échec des Organisations intergouvernementales régionales et internationales à prendre de telles mesures.

L’UITA cherche activement des moyens de faire pression à l’international pour préserver les emplois, les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire au Cameroun.