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Coca-Cola Amatil Indonésie impose des sanctions disciplinaires au président d’un syndicat pour avoir informé les membres de leurs droits juridiques

5 November 2018 News
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SoviCoca-Cola Amatil Indonésie a imposé des sanctions disciplinaires au président du syndicat démocratique indépendant du site de Coca-Cola à Bandung, Sovi Fradina Mardani Masrip, pour avoir informé les membres de leurs droits juridiques. Lorsque la direction a lancé un programme de réduction des effectifs, les travailleurs-euses ont posé des questions au sujet des indemnités de licenciement proposées par la société sur un groupe WhatsApp Messenger. Sovi Fradina a répondu en fournissant des informations sur les indemnités prévues par la législation et sur la manière dont elles sont calculées. La direction a immédiatement envoyé une « troisième et dernière » lettre d’avertissement à Sovi Fradina le 19 octobre, l’accusant d’avoir « délibérément diffusé des informations aux employé-e-s » qui perturbaient le programme de réduction des effectifs et causaient du tort à l’entreprise. En envoyant une « troisième lettre » d’avertissement (en ayant omis d’envoyer une première et une deuxième lettres d’avertissement), la direction lui fait comprendre qu’elle considère qu’il s’agit d’une faute grave qui entraînera sa suspension et son éventuel licenciement à tout moment des six prochains mois, jusqu’au 19 avril 2019.

Le 23 octobre, la Fédération indonésienne de l’alimentation et des boissons FSBMM, affiliée à l’UITA, a écrit à la direction de Coca-Cola Amatil Indonésie lui demandant d’annuler ces sanctions disciplinaires en faisant valoir que Sovi Fradina « a partagé des informations exactes sur les droits des travailleurs-euses selon les dispositions législatives et réglementaires applicables ». La direction a répondu que les sanctions disciplinaires étaient conformes au règlement de Coca-Cola Amatil Indonésie spécifiant que « chaque employé-e doit préserver la bonne réputation de la société et une atmosphère de travail harmonieuse au sein de la société ». En d’autres termes, les informations concernant leurs droits juridiques ont incité les travailleurs-euses à rejeter les indemnités de licenciement proposées par la société parce qu’elles sont inférieures à celles auxquelles ils et elles ont droit légalement. Ce rejet a apparemment perturbé le programme de réduction des effectifs et porté préjudice à la réputation de la société.

Ces mesures contre le président d’un syndicat indépendant pour avoir informé les membres de leurs droits juridiques fait suite au licenciement des présidents syndicaux Atra et Lutfi.