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Collaboration entre les syndicats brésiliens et français pour faire face à la crise chez le producteur de volaille Doux

11 August 2011 News
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Impayés d’éleveurs sous contrat, interruption des fournitures d’aliments, retards dans les paiements des bonis contractuels aux employés/es d’usine et non paiement des charges sociales : ce ne sont là que quelques unes des indications que les choses vont terriblement mal chez la filiale brésilienne du producteur de volaille français Doux. CONTAC, qui organise les travailleurs/euses de la viande au Brésil, a tiré la sonnette d’alarme depuis début 2011.

En plus de la confédération CONTACT, affiliée de l’UITA, et de ses organisations affiliées, la Fédération des travailleurs/euses agricoles du Rio Grande del Sur (FETAG) s’est prononcée fermement en faveur des fermiers sous contrat et de leurs familles, dont plusieurs n’ont pas été payés depuis maintenant plus de six mois. À l’occasion d’une rencontre tenue le 28 juillet, la société a proposé de verser 50 % des arriérés aux fermiers d’ici le 15 août, une proposition jugée inacceptable par la Fédération.

Quelle explication a fourni Doux Frangosul pour son incapacité à s’acquitter de ses obligations financières? La société mère française, une entreprise familiale, est actuellement plongée dans une grave crise financière, aggravée par la volatilité du prix des denrées de base et le refus des détaillants français d’accepter des hausses de prix. En novembre 2010, la société a annoncé une émission d’obligations de 400 millions d’euros afin de lever les fonds nécessaires pour réduire sa dette. L’offre a cependant rapidement été retirée et n’est jamais revenue sur le tapis.

Des rumeurs ont cependant fait surface à propos de la vente imminente de la société. Selon des rapports publiés dans la presse française le 24 juillet, avec des ventes de 1,3 milliards d’euros et un revenu d’exploitation de 100 millions d'euros environ, le Groupe Doux est évalué à 500 millions d’euros – mais étouffe sous une dette qui atteint près de 400 millions d’euros. La famille a nié avoir l’intention de se départir de sa participation de 80 % dans la société, mais de nombreux signaux d’alarme continuent de se faire entendre.

À l’occasion d’une conférence tenue par l’organisation régionale de l’UITA en Amérique latine à Porto Alegre les 16 et 17 juin, la Fédération des travailleurs/euses du Rio Grande del Sur et la fédération des travailleurs/euses de l’alimentation et de l’agriculture FGA-CFDT ont discuté de la crise actuelle chez Doux au Brésil et des relations de travail difficiles auxquelles font face les employés/es et leurs syndicats en France.

Les organisations syndicales participant à la conférence ont convenu de former un comité international des travailleurs/euses de Doux, afin de poursuivre l’échange d’information et d’entreprendre des actions communes.

Une section spéciale consacrée à la crise chez Doux a été créée sur le site Web de la région d’Amérique latine de l’UITA, avec des articles en français, en espagnol et en portugais.