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Licencié pour avoir eu une moitié de pouce avalée par une machine: la dure réalité de travailler pour Mondelēz Égypte

19 March 2013 Urgent Action
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Cliquez ici pour envoyer un message à la direction de Mondelēz !

Ahmad Awad Abdulghani Abdulghani a 26 ans. Il a travaillé chez Cadbury Égypte, une société filiale de Mondelēz, qui en est la propriétaire unique, de 2008 à décembre 2011. Il n'a jamais eu de contrat permanent, mais il faisait partie de la légion de travailleurs précaires qui fabrique du chewing-gum à l'usine d'Alexandrie. Il a perdu la moitié de son pouce alors qu’il manipulait une machine qui aurait normalement dû être actionnée par trois personnes. Ensuite il a perdu son emploi.

Voici son histoire:

"Le 12 juillet 2011, mon jour de congé, on m'a obligé à aller travailler, sous peine de licenciement. J'étais seul pour actionner une machine normalement manipulée par trois personnes. Comme la machine ne fonctionnait pas, j'ai essayé de la réparer. Ma veste fut happée par la machine et, alors que j'essayais de la retirer, j’ai eu la phalange supérieure du pouce tranchée.

“J’ai saigné pendant une demi-heure, mais comme l'ambulance n’arrivait pas, des amis et des collègues m'ont emmené à l'hôpital.

“Le directeur des ressources humaines, Mohamad Abu Alainain, est venu à l'hôpital et a payé l’opération qui a duré 3 heures.

“Au bout d’un mois, j'ai repris le travail. À l’usine, on m’a dit que, en guise de compensation pour ma lésion, la société allait me faire un contrat permanent. Au lieu de cela, j'ai été convoqué à une réunion avec la direction, on m’a averti de ne pas répéter ce qu’ils allaient me dire, puis on m’a annoncé que j'étais en congé jusqu'à nouvel ordre. J'ai demandé comment il était possible qu’ils me mettent en congé sans indemnité, et on m'a dit la société me contacterait.

“Comme on ne retournait pas mes appels, j’ai essayé de retourner à l'usine, mais la sécurité ne m’a pas laissé entrer. Les chefs ont refusé de me voir.

“ Au bout du compte, on fini par m’annoncer que j’étais licencié.

“ J’ai essayé de retrouver un autre emploi, mais personne ne veut de moi à cause de mon pouce.

Nous parlons de la direction de la même usine qui a limogé 5 dirigeants syndicaux en juin 2012, suite à une manifestation spontanée pour protester parce que la société refusait de payer une augmentation des salaires du secteur privé décidée par le gouvernement. Or, au moins deux des dirigeants syndicaux licenciés n'étaient même pas de quart au moment de la manifestation.

Nous parlons d’une société dont le PDG a «mieux à faire» lorsque le Parlement britannique lui demande de comparaître pour répondre aux inquiétudes du public suite à la reprise de Cadbury.

Nous parlons d'une société qui croit pouvoir agir en toute impunité et amputer des droits de la même manière qu’une de ses machines a amputé le pouce d’Ahmad Awad Abdulghani Abdulghani, le privant de ses droits et de sa subsistance.

Le secrétaire général de l’UITA, Ron Oswald, a engagé Mondelez à dialoguer directement avec l'UITA. "Pourquoi Mondelēz craint-elle de s'asseoir avec l'UITA, une entité syndicale internationale qui négocie déjà régulièrement avec un certain nombre de ses principaux concurrents sur le plan international? Que cache donc Mondelēz? En Égypte et en Tunisie, des populations entières n’ont pas hésité à risquer leur vie pour leurs droits et pour la démocratie. Or, Mondelēz semble croire que ces droits s'arrêtent toujours aux portes de ses usines. Et bien, c’est injuste, et on peut pas le tolérer. Nous et nos membres de par le monde nous tiendrons aux côtés des travailleurs/euses de Mondelēz de ces deux pays aussi longtemps qu'il le faudra pour mettre fin à ces pratiques injustes. "

Cliquez ici pour envoyer un message à la direction de Mondelēz lui enjoignant de prendre le temps de faire cesser les atteintes aux droits de l'homme et de se réunir IMMÉDIATEMENT avec l'UITA!