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La Turquie criminalise l’action syndicale avec le dépôt d’accusation contre un grand nombre de leaders syndicaux – Agissez maintenant! pour défendre les droits syndicaux

23 May 2011 Urgent Action
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Le gouvernement turc a déposé des accusations criminelles contre 111 leaders, membres et militants/tes syndicaux/cales, pouvant entraîner des peines d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à cinq ans à la suite d'une manifestation tenue à Ankara en 2010. La manifestation d’Ankara avait été organisée en signe d’appui à plus de 12 000 travailleurs/euses devenus excédentaires du jour au lendemain à la suite de la privatisation du monopole d’État des tabacs, TEKEL.

Après la vente des activités de fabrication de produits du tabac de TEKEL à BAT en février 2008, l’État a conservé le contrôle des 40 entrepôts où étaient conservés les feuilles de tabac et les produits semi-préparés. L’affiliée de l’UITA TEKGIDA-İŞ, qui représente les travailleurs/euses de TEKEL, s continuellement tenté d’ouvrir des négociations avec le gouvernement sur l’avenir des 12 000 travailleurs/euses des entrepôts, qui n'ont reçu que des offres de contrats précaires à la moitié de leur salaire antérieur, sans droits ou avantages sociaux. En décembre 2009, leur emploi a été résilié de façon abrupte.

Après trois mois de manifestations syndicales à Ankara sans aucun résultat, le syndicat, dans un geste de bonne volonté, a mis fin à ses manifestations publiques et attendu une réponse à ses revendications de nouveaux emplois avec droits acquis – comme le prévoit la loi turque.

Le gouvernement n’ayant fait aucune offre concrète, TEKGIDA-İŞ et ses nombreux supporters ont manifesté de nouveau à Ankara le 1er avril 2010. Ils ont été battus et arrosés de gaz poivre – et risquent maintenant la prison.

La liste des personnes accusées par le procureur public d’Ankara comprend le président de TEKGIDA-İŞ Mustafa Turkel, quatre autres dirigeants nationaux et 12 présidents régionaux, le dirigeant actuel et le dirigeant sortant de la centrale nationale DISK, deux anciens leaders de la confédération du secteur public KESK et d’autres activistes sociaux et syndicaux bien connus.

Les procédures judiciaires doivent se mettre en branle le 3 juin.

Les accusations visent à paralyser le mouvement syndical en Turquie en criminalisant les actions de protestation en défense des droits d'emploi et des droits sociaux. Les lois du travail en Turquie restreignent déjà fortement le droit à l'organisation syndicale et à la négociation. Permettre la poursuite de ces accusations ridicules devant les tribunaux constituerait un recul majeur pour les efforts constants, au pays et ailleurs, visant à amener le système de relations de travail en Turquie  à se conformer aux conventions internationales.

Nous appelons par conséquent tous/tes les militants/tes des droits syndicaux à protester contre ces accusations criminelles auprès du gouvernement turc et à exiger que les accusations soient immédiatement abandonnées.

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