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Vente par Unilever de son activité pâtes à tartiner : à quoi doivent s’attendre les travailleurs/euses ?

19 April 2017 News
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FloraforsaleUnilever a officiellement annoncé (en anglais uniquement) les résultats de « son examen approfondi des options disponibles permettant d’accélérer la création de valeur pour ses actionnaires » entrepris dans le sillage de l’offre d’achat avortée de Kraft Heinz en février dernier.

Les principaux résultats de cet audit interne sont :

-    La cession de l’activité des pâtes à tartiner, établie comme entité séparée en décembre 2014. Cette activité, qui comprend essentiellement les margarines, n’inclut pas la pâte à tartiner Marmite ou la mayonnaise Hellmann’s. Cette cession aura des répercussions pour 7 usines en Europe, aux États-Unis et au Mexique.

Jobseraser_0Selon le directeur financier d’Unilever Graeme Pitkethly, la société a reçu énormément d’offres de la part de fonds de capital-investissement pour l’activité pâtes à tartiner, valorisée à quelques 7 milliards d’euros. Bain Capital, CVC et Clayton Dubilier & Rice (qui ont tous des antécédents de démembrement d’actifs et une attitude agressive envers les syndicats) figurent parmi les fonds de capital-investissement qui prépareraient une offre, (aux côtés de…Kraft Heinz). Dans le cas des acquisitions réalisées par des fonds d’investissement, un endettement important sert à financer la transaction ; cette dette est ensuite portée au bilan comptable de la société rachetée, ce qui oblige l’entreprise (et ses travailleurs/euses) à payer pour son rachat. (voir Guide des achats par les fonds d’investissement à l’intention des travailleurs).

Où ira l’argent ?

-    Unilever a annoncé un programme de rachat d’actions pour 5 milliards d’euros en 2017, ce qui aura pour effet de réduire le nombre d’actions en circulation et donc d’augmenter le bénéfice par action.

-    Le dividende sera augmenté de 12 pour cent à partir du premier trimestre de l’exercice.

-    Le pôle alimentaire et des rafraichissements (glaces et thés) sera regroupé en une seule entité, basée aux Pays-Bas.

-    Tout en augmentant les dividendes des actionnaires, Unilever vise une progression de sa marge opérationnelle, qui passerait de 16 à 20 pour cent d’ici 2020, une décision liée aux pressions des analystes financiers, fascinés par la capacité de Kraft Heinz à accroître sa marge opérationnelle en dépit de la baisse des ventes. La marge opérationnelle, un ratio de la performance économique avant déduction des coûts variables de production, etc., est aussi un indicateur du flux de trésorerie libre lié à l’exploitation représentant les fonds disponibles pour le retour sur investissement (ou pour les acquisitions d’entreprises). Elle n’est pas un guide des décisions en matière d’investissements.

-    Unilever a également annoncé un plan d’économies important, à hauteur de 6 milliards d’euros, au moyen de diverses mesures (« Nous allons accélérer les initiatives de progression de la marge opérationnelle, déjà entamées avec le programme « Connected 4 Growth »).

-    Unilever réexaminera également sa structure de capital afin d’augmenter son ratio dette nette sur résultat d’exploitation, soit un niveau de levier plus élevé. (« Nous allons maintenir notre niveau d’endettement cible dans la durée au moyen de remboursements périodiques de capitaux, soit par des rachats d’actions, soit par des dividendes exceptionnels »).

Enfin, Unilever réexaminera sa double structure commerciale anglo-néerlandaise en vue de la simplifier.

L’UITA a proposé à Unilever que soit organisé une réunion d’urgence avec l’équipe syndicale internationale qui rencontre normalement la direction deux fois par an. La société a accepté la tenue de cette réunion qui doit avoir lieu en mai au plus tard.

Les marchés financiers obnubilés par les rapports trimestriels ne seront pas nécessairement apaisés par les premiers résultats de cet audit interne qui, on peut le prédire sans risque de se tromper, sera un chantier permanent. Les syndicats doivent se préparer à des négociations difficiles.