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Mandat d'arrêt délivré contre le responsable de l'agence temporaire qui fournit Nestlé Pakistan, alors que les actionnaires se préparent pour leur assemblée en Suisse.

25 April 2012 Urgent Action
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Alors que les actionnaires de Nestlé se préparent pour l’assemblée annuelle des actionnaires, le 19 avril, les observateurs de Nestlé devraient noter que, ce même 6 avril, un tribunal de Kabirwala, au Pakistan, a émis un mandat d'arrêt contre le dénommé Jahangir, directeur de l’agence de travail temporaire

, qui fournit les centaines de travailleurs/euses contractuels engagés dans des conditions abusives à l'usine laitière de Nestlé, dans la même ville.

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Les exactions commises par le responsable de l’agence, élément crucial de la «chaîne d’approvisionnement» de Nestlé, s’inscrivent dans une série d'illégalités et de mensonges, qui ont également vu le directeur des ressources humaines de l'usine cité à comparaître pour outrage par la Haute Cour du Pendjab. En effet, il a refusé de manière réitérée d’exécuter les ordonnances de la Cour, qui lui enjoignaient de réintégrer le président du Comité d'action des travailleurs de Nestlé Kabirwala, Ashfaq Butt, injustement licencié.
En août dernier, Jahangir a déposé une plainte bidon auprès de la police locale (une parmi tant d’autres provocations de la direction) contre Butt et quatre autres travailleurs contractuels, qui revendiquaient leur droit à un emploi permanent (Butt a expliqué leur longue épreuve en prison, puis en liberté sous caution, les menaces et les renvois, alors que les travailleurs/euses des laiteries de Nestlé Pakistan ne font que revendiquer leurs droits. Butt et ses camarades sont toujours en liberté sous caution, en attendant que Nestlé retire toutes les accusations (quelque 80 chefs d’accusation sont maintenus, bien que Nestlé prétende le contraire).

Cependant Jahangir n'a pas comparu devant le tribunal le 6 avril, et a soutenu la veille en séance que la question était résolue. En colère, le juge a émis un mandat d'arrêt, considérant que: «ces gens déposent une fausse plainte, puis prétendent que la question est résolue, mais ne font rien pour clore la procédure."

Tout au long de la lutte menée par le syndicat pour faire respecter le droit du travail chez Nestlé Kabirwala, Nestlé a fait preuve du plus grand mépris à l’égard des tribunaux et de la vérité. La direction de Nestlé à Vevey a fait appel à de semblables arguties pour tenter d'expliquer le licenciement arbitraire de 53 membres du syndicat de l'usine Nescafé de Panjang, en Indonésie, arguant notamment que la grève convoquée par le syndicat était «illégale» (ce qui est faux). Une poignée de membres du syndicat, qui ont gardé leur place malgré la vague de licenciements arbitraires, ont  été soumis à d'énormes pressions pour qu’ils renoncent à leurs droits.

Le rapport qu’a présenté Nestlé à l'assemblée générale des actionnaires, vante les résultats de son Groupe de travail sur les droits de l'homme, et prétend que la société s’acquitte de ses obligations dans ce domaine au niveau mondial, grâce à ses bonnes pratiques de droits de l'homme et de droit du travail.

Comme d'habitude, des manifestants épousant diverses causes, souvent bonnes, seront présents lors de l'assemblée des actionnaires. L'UITA ne sera pas du nombre, pour deux raisons.

Tout d'abord, une assemblée d'actionnaires n’est pas le meilleur endroit pour avoir un débat utile sur ces thèmes. En effet, les questions relatives aux droits des travailleurs/euses (p. ex., les droits fondamentaux sur les lieux de travail de Nestlé, comme Panjang, Kabirwala et d’autres), qui devraient être à l'ordre du jour, ne suscitent malheureusement pas un grand intérêt auprès des investisseurs, même s’il est vrai que cela pourrait changer.

Deuxièmement, et plus important encore, l'UITA et Nestlé ont mis en place un cadre, fondé sur la reconnaissance de l'UITA, pour résoudre les litiges comme ceux qui couvent toujours en Indonésie et au Pakistan. Nous comptons donc sur la société pour prendre les mesures qui s’imposent lorsque les droits syndicaux sont violés. Nous espérons que cet engagement tiendra ses promesses, et disons donc:

Halte à la Nespression! Pendant que les actionnaires se préparent pour leur assemblée,

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et demander à la société de réintégrer les membres du syndicat injustement licenciés en Indonésie, et de fournir un emploi permanent aux travailleurs/euses contractuels qui revendiquent leurs droits au Pakistan.